20 Nov 2007

Chávez a "Le Monde". 20/11/2007.

Escrito por: jordigrau el 20 Nov 2007 - URL Permanente

De Chávez i altres demagogs populistes que es diuen d'esquerres. 18/11/2007.

La réforme de la Constitution trouble les partisans d'Hugo Chavez

Avant le référendum du 2 décembre, l'opposition vénézuélienne dénonce un projet "liberticide".

LE MONDE | 19.11.07 | 14h37 • Mis à jour le 19.11.07 | 14h37

CARACAS ENVOYÉE SPÉCIALE


A Caracas comme dans le reste du pays, le projet de réforme constitutionnelle divise de plus en plus les Vénézuéliens, appelés à se prononcer, par référendum, le 2 décembre. Le président Hugo Chavez et ses partisans défendent un texte qui se veut "une étape dans la transition vers le socialisme".

M. Chavez à Paris pour évoquer le sort d'Ingrid Betancourt
Les comités de soutien et les proches d'Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne, ont organisé, dimanche 18 novembre à Paris, une marche et un concert dans l'attente d'une preuve qu'elle est toujours en vie. Plusieurs personnalités, dont le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, participaient à la manifestation.

Le président vénézuélien, Hugo Chavez, était attendu à Paris, mardi, pour rendre compte de sa médiation dans l'affaire des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Il a affirmé qu'il espérait apporter à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de "bonnes nouvelles" d'Ingrid Betancourt et des autres otages.

M. Chavez a toutefois reconnu, dimanche, au sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), à Riyad, ne pas disposer encore de "preuves matérielles" de vie des otages.

CHRONOLOGIE

L'opposition dénonce une "réforme liberticide" qui attribue au chef de l'Etat des pouvoirs renforcés. "Il ne s'agit pas d'une réforme, mais d'une nouvelle Constitution que Chavez veut faire approuver par des moyens anticonstitutionnels", juge Julio Borges du parti Primero Justicia (centre-droit).

Si le "oui" l'emporte, 69 articles de la Constitution seront modifiés. Trente-trois d'entre eux ont été rédigés à huis clos par une commission. Le projet a ensuite été discuté et complété par l'Assemblée nationale, où l'opposition n'est pas représentée à la suite du boycottage des élections législatives de 2005. Réélu haut la main en décembre 2006, M. Chavez se dit assuré de remporter le référendum. "Notre pire ennemi, c'est l'abstention", a-t-il toutefois déclaré.

Les chavistes défendent avec enthousiasme un texte qui élève le "pouvoir populaire" au rang de pouvoir constitutionnel - aux côtés de l'exécutif ou du législatif. La journée de travail de six heures, établie par la nouvelle Constitution, n'est pas faite pour leur déplaire.

Les mesures les plus contestées du projet concernent la définition de l'Etat vénézuélien comme un Etat socialiste et la réélection présidentielle indéfinie - avec un allongement du mandat présidentiel de six à sept ans. La modification de l'article sur la propriété privée et l'élargissement des prérogatives de l'Etat en matière d'expropriation, la suppression de l'indépendance de la banque centrale, la politisation de l'armée et la suppression de la liberté d'information dans le cadre de l'état d'exception inquiètent également nombre de Vénézuéliens.

L'opposition se retrouve à défendre une Constitution qu'elle avait combattue en 1999. "Quel besoin avait Chavez de modifier ce texte progressiste en matière de droits politiques et sociaux ?, demande, sous le couvert de l'anonymat, un fonctionnaire. Les vrais problèmes - la corruption, l'insécurité, le développement de l'appareil productif - ne relèvent pas de la Constitution. Ils exigent des politiques publiques efficaces." Et d'ajouter : "J'ai toujours voté Chavez, mais si je critique, je me fais traiter de laquais de l'impérialisme et je risque ma place."

Les "chavistes critiques" gagnent du terrain. Au sein de l'Assemblée nationale, Ismael Garcia, du parti Podemos (social-démocrate), appelle à voter "non", "tout en continuant à soutenir le gouvernement". Les déclarations du général Raul Baduel, ministre de la défense jusqu'au mois de juin, ont eu encore plus de retentissement : il a comparé la réforme à un "coup d'Etat". Autre défection, l'ex-épouse de M. Chavez, Marisabel Rodriguez, a critiqué un projet qui "profite au président" et "concentre les pouvoirs".

L'historienne Margarita Lopez Maya estime peu probable une défaite de M. Chavez au référendum. "Le chef de l'Etat continue d'incarner l'espoir aux yeux des secteurs les plus défavorisés. L'argent du pétrole lui permet de transférer des fonds importants vers les conseils communaux, qui incarnent le "pouvoir populaire". Et le président bénéficie, sur le terrain, d'un réseau de militants qui mène une campagne efficace", dit-elle.

A en croire les sondages, le "non" progresse. Selon l'institut Hinterlace, 45 % des Vénézuéliens consultés sont contre la réforme, 31 % l'approuvent, 24 % sont indécis. L'abstention, décisive pour le résultat, tendrait à diminuer, 61 % des personnes interrogées ayant manifesté leur intention d'aller voter.

L'opposition est partagée. La droite la plus dure se prononce en faveur de l'abstention, en invoquant la partialité des autorités électorales et judiciaires. Mais la plupart des leaders d'opposition appellent désormais à se rendre aux urnes. Nombre de "chavistes critiques" hésitent à voter "non" aux côtés d'une opposition qu'ils ont longtemps décriée. "Allez savoir ce qu'il faut faire", soupire Alberto Rivas, commerçant.

Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 20.11.07.

Editorial du "Monde" Le Venezuela de Chavez

LE MONDE | 19.11.07 | 14h37


Attendu à Paris mardi 20 novembre, le lieutenant-colonel Hugo Chavez a été invité par Nicolas Sarkozy pour faire le point sur sa médiation dans l'affaire des otages de la guérilla colombienne. Les efforts de la France n'ont pas porté leurs fruits dans un dossier qui la concerne, dans la mesure où l'ancienne candidate des Verts à la présidence de la Colombie, Ingrid Betancourt, a la double nationalité franco-colombienne.

L'intervention du président vénézuélien est bienvenue car, jusqu'à présent, aucune personnalité et aucun groupe de pays n'est parvenu à négocier avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) - les preneurs d'otages. Dopé par l'argent de la drogue, ce mouvement d'extrême gauche a atteint le degré zéro de la politique : affaibli sur le plan militaire, il compte sur ses otages pour exister sur la scène locale et internationale. M. Chavez a reçu le feu vert du gouvernement colombien, indispensable pour pouvoir procéder à un "échange humanitaire" entre les otages et les guérilleros emprisonnés.

L'activisme déployé par M. Chavez sur la scène internationale, de l'Amérique latine au Moyen-Orient, de la Russie à la France, s'accompagne au Venezuela d'une évolution inquiétante vers un régime autoritaire. La gestion erratique des immenses ressources du pétrole, démultipliées par un prix du baril proche des 100 dollars, commence à nuire aux programmes sociaux qui ont valu au chef de l'Etat une solide popularité. L'absence d'investissements dans l'industrie pétrolière explique que Caracas peine à atteindre le quota fixé par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui vient de tenir son sommet à Riyad. Le Venezuela en est réduit à vendre du brut et à importer pratiquement tout ce dont le pays a besoin.

La concentration des pouvoirs au profit du président de la République, l'absence de dialogue avec l'opposition, la disqualification du mouvement étudiant, traité de "fasciste", l'encouragement de bandes armées et l'embrigadement des réservistes, bref, la militarisation de la vie politique, s'accompagnent d'une corruption sans précédent. Celle-ci est favorisée par l'opacité des dépenses publiques et par la création de budgets parallèles, utilisés de manière discrétionnaire par la présidence de la République. Les liens entretenus par M. Chavez avec Fidel Castro et avec Mahmoud Ahmadinejad ne sont pas de nature à dissiper le flou autour du "socialisme du XXIe siècle" prôné par le président vénézuélien.

"Le populisme n'est pas une bonne solution aux problèmes qu'il y a en Amérique latine", a déclaré le président de la Commission européenne, le portugais José Manuel Durao Barroso, après un récent incident verbal avec M. Chavez lors d'un sommet ibéro-américain. Le populisme n'est une bonne solution nulle part.

Article paru dans l'édition du 20.11.07.

Eclairage La dissidence du général Baduel révèle les divisions sur le socialisme

LE MONDE | 19.11.07 | 14h37

CARACAS ENVOYÉE SPÉCIALE


Derrière lui, un Christ et trois madones. A sa gauche, des reproductions des guerriers de Xian. Le général Raul Baduel, longtemps chaviste, un temps ministre, catholique et taoïste, reçoit en civil dans son nouveau bureau d'une tour en béton de Caracas. Il explique les raisons qui l'ont conduit à comparer le projet de réforme constitutionnelle à un "coup d'Etat" : "La mal nommée "réforme" modifie l'essence même de la Constitution et impose un nouveau projet de société. Elle prétend embarquer le pays sur la voie hasardeuse d'un socialisme du XXIe siècle que personne ne s'est chargé de définir."

A trois semaines du référendum sur la réforme, fixé au 2 décembre, le retournement du général Baduel a eu un effet retentissant. "En avril 2002, j'ai défendu la Constitution. Je continue de la défendre", justifie-t-il. Alors commandant de la 42e brigade de parachutistes, Raul Baduel avait ramené au pouvoir le président Hugo Chavez, renversé quarante-huit heures plus tôt par un coup d'Etat. Sa loyauté lui valut d'être nommé général puis de prendre la tête du ministère de la défense en 2006. Son dernier discours officiel, le 18 juin, avait été remarqué. "Pour distribuer la richesse, il faut d'abord la produire", avait notamment déclaré celui qui, déjà, semblait prendre ses distances avec la "révolution bolivarienne".

Il évoque les premières années d'amitié avec M. Chavez et la fondation, en 1982, du Mouvement bolivarien, une faction clandestine au sein de l'armée. "Nous rêvions d'un pays plus juste, celui que la Constitution de 1999, démocratique et pluraliste, permettrait de construire si elle était appliquée", explique Raul Baduel. Qu'a-t-il ressenti quand ses compagnons de route l'ont traité de "traître" et de "renégat" ? "Je ne me suis pas senti concerné. J'ai toujours été fidèle à mes amis et plus encore à mes principes", répond-il.

Qu'a-t-il ressenti quand la foule venue acclamer M. Chavez a scandé : "Trahison, Baduel au peloton d'exécution", sans que le président ne la fasse taire ? La scène se passait le 10 novembre à Caracas. "Un jugement sommaire de cette sorte est effrayant. Mais ce n'est pas moi qui importe, c'est l'avenir du pays qui est en jeu", insiste le général, qui se garde de toute attaque frontale contre M. Chavez.

"J'ai dit que le vote est l'arme démocratique des citoyens pour s'opposer à la réforme, rappelle Raul Baduel. Comment peut-on m'accuser d'avoir appelé les militaires à s'insurger ?" Interrogé sur l'existence d'un éventuel malaise au sein de l'armée, il refuse de se prononcer. "Il faut absolument éviter d'impliquer les militaires dans le débat politique. Ce n'est pas sain pour la démocratie", justifie-t-il. Mais, selon Ricardo Sucre, spécialiste des questions militaires, "Raul Baduel n'aurait pas pris le risque de parler sans l'appui d'une partie de l'institution militaire".

Jennifer Ibarra, une étudiante en droit qui milite pour le "oui" à la réforme, veut croire que le désistement du général obéit à un plan ourdi par le président Chavez. Selon elle, "en appelant à voter "non", Baduel brouille les résultats du référendum. Si le "non" l'emporte, l'opposition ne pourra s'attribuer la victoire". Bon nombre d'opposants partagent cette opinion et conseillent, comme les "chavistes", de se méfier du "traître Baduel".

Les observateurs jugent, eux, que la défection du général est un vrai coup dur pour M. Chavez. "C'est la première expression publique d'un débat sur le socialisme qui divise profondément le chavisme", note Marino Alvarado, défenseur des droits de l'homme.

Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 20.11.07.
LE MONDE | 17.11.07 | 15h19 • Mis à jour le 17.11.07 | 15h19

CARACAS ENVOYÉE SPÉCIALE


La tension est perceptible à l'Université centrale du Venezuela (UCV), à Caracas, la plus grande université publique du pays. Vendredi 16 novembre, l'opposition y a remporté les élections universitaires. A deux semaines du référendum du 2 décembre sur la réforme constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du président Hugo Chavez, le débat fait rage.

Giovanna Mendez est étudiante en droit à l'UCV. "Comment Hugo Chavez ose-t-il dire que les étudiants qui manifestent contre la réforme constitutionnelle sont des fils de bourgeois ? C'est une insulte. Moi, je bosse pour me payer mes études", confie-t-elle. Elle récuse "ce président qui refuse d'écouter ceux qui ne sont pas d'accord avec lui". Un étudiant qui passe se retourne et lui lance, agressif : " La jeunesse du pays est avec la révolution. Arrête ta propagande." Il porte la chemise rouge des "chavistes". Carlos Sierra, président de la Fédération bolivarienne des étudiants (chaviste), juge que "les débordements de violence sont promus par une opposition qui cherche à déstabiliser le pays".

Les étudiants d'opposition revendiquent la non-violence et l'exercice des droits citoyens. "Nous voulons promouvoir le débat d'idées", affirme Yon Goicochea, secrétaire du "Parlement étudiant", qui regroupe des délégués des universités publiques et privées de tout le pays. "Nous sommes mobilisés contre une réforme constitutionnelle qui restreint les droits et libertés des citoyens", explique cet étudiant en droit à l'Université catholique de Caracas. Le texte "limite le pluralisme et l'alternance politique, restreint les libertés économiques et supprime la liberté d'information en cas d'état d'exception", dit-il.

Carlos Sierra ne partage pas son point de vue : "La réforme reconnaît, au sein des universités, le vote paritaire des professeurs, des étudiants, des employés et des ouvriers. Elle est une étape indispensable du processus révolutionnaire". Marlevi Hernandez, étudiante à l'Université bolivarienne récemment créée, acquiesce. Sa mère est femme de ménage. "Sans Chavez, je n'aurais jamais pu étudier", souligne-t-elle.

"La plupart des gens ignorent le contenu de la réforme", soutient Yon Goicochea. Le mouvement étudiant demande donc le report du référendum fixé au 2 décembre. Une requête a été déposée à la Cour suprême. Mercredi, la présidente de la Cour a accueilli les étudiants chavistes. "Oui à la réforme, oui à Chavez", scandaient-ils. "Nous, les partisans du non, on nous reçoit à coup de gaz lacrymogènes", s'indigne un étudiant d'opposition.

"Nous ne sommes pas dans la rue pour renverser le gouvernement, comme le voudraient certains. Les partis politiques doivent se mobiliser, eux aussi, et faire leur boulot", plaide Yon Goicochea. Faut-il s'abstenir ou voter "non" le 2 décembre ? Le débat est vif au "Parlement étudiant", qui devrait fixer une position commune. Geraldine Alvarez, déléguée de l'Université catholique, considère que "le problème n'est pas d'appeler les gens à voter, le problème est de pouvoir leur garantir que leur vote sera respecté".

Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 18.11.07.
Article paru dans l'édition du 09.11.07
CARACAS, un commando d'hommes armés a fait irruption dans le campus de l'Université centrale du Venezuela (UCV), la principale institution publique d'enseignement supérieur, mercredi 7 novembre, peu après une manifestation du mouvement étudiant.

Des milliers de manifestants s'étaient rendus de l'UCV jusqu'à la Cour suprême, où ils ont déposé un recours demandant le report du référendum du 2 décembre sur la réforme constitutionnelle. Il n'y avait pas eu d'incidents pendant le défilé. Des banderoles proclamaient à la fois « Non à la violence » et « Non à la réforme ».

Les étudiants qui rentraient de la manifestation ont trouvé un autobus incendié et des individus cagoulés et armés barricadés dans l'Ecole de travail social de l'UCV, bientôt relayés par des dizaines de commandos arrivés sur des motos et portant des armes de poing. Les affrontements ont duré quatre heures et ont entraîné l'hospitalisation de neuf étudiants de l'UCV, dont trois blessés par balle, l'un d'entre eux gravement.

Le vice-recteur, Eleazar Narvaez, et la secrétaire de l'UCV, Cecilia Garcia Arocha, ont attribué l'agression à des partisans du président Hugo Chavez. Le secrétaire général de la Fédération des centres universitaires de l'UCV, l'étudiant Ricardo Sanchez, l'a imputé « à l'escalade de la violence née du verbe incendiaire du président Chavez, qui a publiquement poussé ses par tisans à répondre aux manifestations étudiantes par la violence ».

Dimanche, M. Chavez avait traité les étudiants qui manifestaient de « fascistes » et « fils à papa ». A en croire M. Sanchez, les agresseurs appartiennent au Collectif Alexis-Vive, « un groupe de délinquants payés et armés par le gouvernement ». Un dirigeant de l'Ecole de travail social, Otto Garcia, a attribué le commando aux Tupamaros, un groupe armé « chaviste ». Le ministre de l'intérieur, Pedro Carreño, a qualifié les incidents de « regrettables ».

A la Cour suprême, l'étudiant Yon Goicochea, dirigeant de l'université catholique Andres-Bello, a plaidé pour le report du référendum. « Une Constitution ne saurait appartenir ni à Chavez ni à l'opposition, a-t-il dit. Une Constitution partisane conduira au désastre et à la violence. »

Paulo A. Paranagua

Article paru dans l'édition du 08.11.07
e général Raul Baduel a créé la surprise. Lundi 5 novembre, cet ancien ministre de la défense du Venezuela a comparé à un « coup d'Etat » la réforme constitutionnelle qui sera soumise à référendum le 2 décembre.

C'est au téléphone et en direct que le président Hugo Chavez est intervenu sur une chaîne publique, dès lundi soir, pour traiter de « traître » celui qui fut son ami. En 2002, à la tête d'une unité de parachutistes, Raul Baduel avait déjoué une tentative de putsch contre M. Chavez. « J'ai confiance dans les forces armées », a ajouté le chef de l'Etat, sans exclure néanmoins que les paroles du général puissent trouver un écho parmi de « petits groupes » de militaires.

Le général Baduel avait quitté ses fonctions au gouvernement et l'uniforme en juillet. Lundi, il a appelé les militaires « à analyser en profondeur » la réforme constitutionnelle. Le texte, adopté le 2 novembre par le Congrès, établit un Etat socialiste, accroît les pouvoirs de l'exécutif, autorise la réélection indéfinie du président de la République, change le nom des forces armées - désormais « bolivariennes » - et en fait un corps « patriotique, populaire et anti-impérialiste ».

« UNE NOUVELLE AGRESSION »

« Le mot socialisme n'a pas de sens univoque, a souligné le général Baduel. Il peut s'appliquer à des régimes comme celui de Pol Pot au Cambodge, à l'Union soviétique stalinienne ou à la social-démocratie européenne. » Le texte « n'est pas une réforme constitutionnelle », car il implique une « transformation de l'Etat et un modèle de nation très différent, où le peuple aura moins de pouvoir ».

Le 18 juillet, lors de son passage dans le cadre de réserve, le général Baduel avait déjà averti : « Nous devrions nous éloigner de l'orthodoxie marxiste, qui considère la démocratie, avec sa séparation des pouvoirs, comme un simple instrument de la domination bourgeoise. »

En outre, souligne l'ancien ministre, les vrais problèmes du pays - la pauvreté, le chômage, l'insécurité, les pénuries ou l'inflation - ne relèvent pas d'une réforme de la Constitution.

Mardi, le président Chavez a dénoncé un complot. « L'empire [américain] lance une nouvelle agression, en utilisant ses pions locaux », a-t-il assuré. « Le masque est tombé », a affirmé le vice-président Jorge Rodriguez. Le gouvernement a mobilisé deux autres anciens ministres de la défense pour minimiser la portée des propos du général.

Selon Ricardo Sucre, un spécialiste des questions militaires, « les déclarations de Baduel sont une expression du mécontentement que provoque la réforme constitutionnelle au sein du chavisme ».

Marie Delcas

Article paru dans l'édition du 06.11.07
ARACAS a été le théâtre de deux manifestations suscitées par la réforme constitutionnelle du président Hugo Chavez. Samedi 3 novembre, des milliers d'opposants ont occupé l'avenue Victoria. Dimanche, des milliers de « chavistes » ont rempli l'avenue Bolivar. La réforme, adoptée par le Congrès vendredi, doit être soumise à un référendum le 2 décembre.

La manifestation de samedi a regroupé les opposants, tels qu'Action démocratique (social-démocrate) et le Commando national de la résistance (droite), prônant l'abstention au référendum. Pour sa part, l'ancien guérillero Gabriel Puerta, dirigeant du parti Drapeau rouge, a appelé à « dire non à cette dictature qu'on prétend imposer dans notre pays ».

Les principaux partis d'opposition, Primero Justicia (Justice d'abord, centre-droit) et Un nouveau temps (social-démocrate), dirigé par l'ancien candidat à la présidentielle Manuel Rosales, appellent quant à eux à voter « non ». Le mouvement étudiant demande un ajournement du référendum et un débat national.

Dimanche, M. Chavez a critiqué son propre gouvernement et la municipalité de Caracas pour leur « faiblesse » lors de la manifestation des étudiants, jeudi, qui a débouché sur des incidents. « Nous ne pouvons pas permettre à une minorité fasciste de mettre le feu au Venezuela », a-t-il dit. Le chef de l'Etat a proposé d'interdire les manifestations d'opposition dans le centre de Caracas et réclamé des sanctions contre les chaînes de télévision qui se font l'écho d'appels à la déstabilisation. « Vous savez que, tous les ans, il y aura une bataille, car le chemin d'une révolution est celui des mille batailles », a-t-il ajouté. La réforme permet à M. Chavez de se faire réélire indéfiniment et de décréter un « état d'exception » supprimant la liberté de la presse.

  | Bilan du Monde
Fiche pays
Venezuela
Chef de l'Etat : Hugo Chavez
Capitale : Caracas
Superficie :913 000 km2
Population (hab.) : 26,2 millions
Densité : 29 hab./km2
Monnaie : bolivar (0,0003931 €)

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Jordi Grau i Gatell (València, 1957). Fill d'exiliats catalans arribats a la capital valenciana a la postguerra. Casat, amb un fill. Professor de català d'IES a València. Bloc des de l'esquerra, l'anticlericalisme i l'ateisme, centrat en el País Valencià i en les polítiques depredadores del PPCV, en la Memòria Històrica i en l'actualitat política general espanyola, amb documentalisme sobre la política espanyola i valenciana. L'opinió, si no sempre explícita, és òbvia i es dedueix de la tria de temes i textos. Allò que escrigui en obrir el post soldrà estar en català, llengua oficial i pròpia del País Valencià i meva. Llengua en què penso i sento. I estarà en la variant catalana de Barcelona de casa meva, que és la dels meus pares i avis.

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