14 Mar 2012

L'OR BLEUE ou L'EAU CITOYENNE...

Escrito por: notredeloupy el 14 Mar 2012 - URL Permanente

Point de vue | LEMONDE.FR | 13.03.12 | 09h20

par Laurent Chabert d'Hières, pour Effet Papillon, mouvement international d'ONG engagées dans le secteur de l'eau

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Forum mondial de l'eau : l'urgence des solutions

Point de vue

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08 Mar 2012

"LA FEMME POURRA ETRE UNE FEMME SANS APPARTENIR A AUCUN HOMME'' M.O.M

Escrito por: notredeloupy el 08 Mar 2012 - URL Permanente

"Je suis reconnaissant en tant que poète, à la Psychanalyse, que la femme, que j’aime tant, puisse après la Psychanalyse considérer la question de sa liberté et de sa puissance créatrice.
La Poésie est, précisément, l’âme du féminin. C’est pour cela que la psychanalyse offre la possibilité que vous vous demandiez : pourquoi le féminin (temps de la poésie, résidence de la fonction poétique) avant la psychanalyse était plus facile pour un homme que pour une femme ? et pourquoi maintenant après l’interprétation psychanalytique, la femme peut, si elle le désire, s’approprier de ce qui lui appartient depuis toujours, la Poésie ?

Et aujourd’hui, nous le savons, l’homme a déjà épuisé ses possibilités de libération et s'il y avait encore quelque possibilité de libération pour la femme, c’est la psychanalyse qui la rend possible.

En 1900, Freud peut différencier avec précision et dextérité, une femme hystérique d’une femme.

Cette différence permettra à la femme, sans être hystérique, de dire que NON.

Déterminer, à partir de la négation, sa propre pensée Inconsciente.
Après l’interprétation psychanalytique, la femme pourra être une femme sans appartenir à aucun homme.
La femme produisait dans ce degré de liberté son propre chemin vers le pouvoir, vers la création en générale.
Je suis reconnaissant en tant que poète à Freud pour avoir dénoncé la « double morale » masculine, acceptée par tous, comme l’instrument le plus puissant de domination de l’homme sur la femme.

Ce que l’homme obtenait avec un simple dédoublement de sa morale, valait à la femme le châtiment ou la maladie.
Ce qui donnait à l’homme même un certain prestige social, quand ça lui arrivait à elle, ça ne lui servait qu’à être dénigrée, encore, un peu plus.

Elle-même doutait de sa moralité quand elle désirait.
C’est la psychanalyse qui nous dit : homme et femme, articulés de manière complexe avec être père et mère, constitue la sexualité de tout homme, de toute femme.
Tout l’humain peut se produire en Elle.
Elle peut produire n’importe quelle humanité et maintenant, après la psychanalyse, elle le sait.

De toute manière, je me réjouis d’être arrivé à l’an 2000. Je l’ambitionnais depuis ma jeunesse, c’est pour ça que j’y suis arrivé. Une ambition secrète, puissante, féminine."

Miguel O. Menassa

Madrid, 2000

" LETTRES A MA FEMME"

Editorial Grupo Cero

01:01 Publié dans MIGUEL OSCAR MENASSA |









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23 Oct 2011

"LA SANTÉ, C'EST LA POÉSIE..." Nº 3 REVUE DE PSYCHANALYSE ET DE POÉSIE

Escrito por: notredeloupy el 23 Oct 2011 - URL Permanente

* Veuillez cliquer pour accéder au dernier nº de la revue.

http://www.grupocero.org/revue/2011/octobre/revue_lasante-n3.pdf

Bonne lecture!
Clémence Loonis et Claire Deloupy

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17 Jun 2011

LES FRANÇAIS ET L'ÉCRITURE: ÉCRIRE OU RÊVER D'ÉCRIRE?

Escrito por: notredeloupy el 17 Jun 2011 - URL Permanente


Un Français sur trois rêve d'écrire

Mohammed Aïssaoui
25/09/2009 | Mise à jour : 12:28
Réactions (24)

1,4 million de personnes possèdent déjà un manuscrit. 32 % des sondés ont écrit ou songé à écrire un livre.

C'est le plus grand parti de France, celui des auteurs potentiels. À n'importe quelle élection, il remporterait tous les suffrages : un Français sur trois a déjà songé à écrire un livre (un roman, un essai, des souvenirs, de la poésie ou du théâtre), 32 % exactement, selon notre sondage Le Figaro littéraire-OpinionWay. Et 3 % ont déjà sauté le pas : c'est-à-dire plus de 1,4 million de Français âgés de 18 ans et plus. Autrement dit, il y a plus d'un million de manuscrits qui se trouvent dans les tiroirs. Mieux : notre sondage révèle que près de 400 000 personnes ont déjà envoyé leur ­texte à une maison d'édition.

«32 % des Français, c'est énorme », réagit Marc Sebbah, fondateur du Prix du jeune écrivain de langue française, qui organise, chaque année, depuis 1984, un concours de nouvelles. Il réfléchit un peu, puis ajoute : «En même temps, cela ne m'étonne pas trop. Il existe un profond besoin d'écrire. Au départ, le prix du jeune écrivain n'était qu'une intuition ; au fil des ans, nous avons compris qu'il correspondait à une forte demande : nous avons reçu, au total, 17 000 manuscrits ! » Pour la petite histoire, ce concours a révélé Jean-Baptiste Del Amo, Dominique ­Mainard, Antoine Bello… Des écrivains qui n'ont pas encore conquis le grand public, mais dont le talent n'a pas échappé aux critiques et aux libraires.

Quand on observe les ventilations de ce sondage, on est frappé par le fait que ce phénomène touche toutes les catégories de personnes, sans exception : quels que soient le sexe, l'âge (nous n'avons pris en compte que les plus de 18 ans), le niveau social, le métier exercé ou le lieu d'habitation… Il n'existe aucun élément discriminant. Tout juste remarque-t-on que la tranche 50-59 ans est un peu plus représentée (5 % contre 2 % pour les 18-24 ans). Cette donnée n'a pas l'air d'étonner Alain Absire, le président de la Société des gens de lettres (SGDL). « Le profil des personnes qui déposent un manuscrit à la SGDL est d'une variété… extraordinaire, confirme-t-il. Je crois que cette envie d'écrire est liée à l'acte de mémoire, au désir de laisser une trace - pas au sens large -, c'est souvent pour “léguer” quelque chose à sa famille, c'est aussi pour cela qu'il est souvent question de souvenirs. D'ailleurs, la plupart de ces auteurs se décident à sauter le pas à un âge tardif. » Quant aux plus jeunes, toujours selon Alain Absire, il y a cette volonté de témoigner de leur époque, de faire entendre leur voix. D'où, sans doute, la multiplication de récits à caractère autobiographique : neuf textes sur dix appartiendraient à cette catégorie.

C'est, en effet, la première motivation de cette passion pour l'écriture : si l'on associe les deux réponses « Pour entretenir la mémoire/l'histoire de ma famille » et « l'envie de raconter mon histoire, mon expérience », cela donne 41 % en tout. Il est à noter que 15 % des Français voient en l'écriture une forme de thérapie…

En plus de l'engouement pour les concours de nouvelles, le président de la SGDL observe un autre phénomène : la ferveur pour les ateliers d'écriture. « C'est symptomatique de ce besoin d'écrire : les ateliers d'écriture ne désemplissent pas. Bien au contraire, ils sont complets de plus en plus tôt. On croyait que ce genre d'exercice n'intéressait que des personnes d'un certain âge. En fait, tous s'y précipitent avec gourmandise, et certains y reviennent chaque année », affirme Alain Absire.

Enfin, les réponses à la dernière question sont - malheureusement - révélatrices : si les Français sont épris d'écriture, leur appétit de lecture semble moins aiguisé. Près d'une personne sur cinq n'a lu aucun livre ces douze derniers mois (19 %), et seulement un tiers a lu entre un et cinq livres dans l'année. Une statistique douloureuse, d'autant qu'elle ne tient pas compte du genre - ce pouvait être une BD, un document ou un ouvrage de cuisine. On se consolera en notant que 28 % des Français lisent plus de dix livres par an. Chacun sait que les grands auteurs sont toujours de grands lecteurs.

» L'autoédition : une solution et des problèmes

Sondage réalisé par OpinionWay pour Le Figaro littéraire. Étude réalisée auprès d'un échantillon de 988 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. Mode d'interrogation : l'échantillon a été interrogé en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview). Dates de terrain : les interviews ont été réalisées les 22 et 23 septembre 2009. OpinionWay rappelle par ailleurs que les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 2 à 3 points au plus pour un échantillon de 1 000 répondants.


* Et vous: Rêvez-vous d'écrire ou écrivez-vous?

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29 Abr 2011

VOLTAIRE: " DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE" (extraits) À MÉDITER...

Escrito por: notredeloupy el 29 Abr 2011 - URL Permanente

«Quand la gravité n'est que dans le maintien, comme il arrive très souvent, on dit gravement des inepties.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Quand la vérité est évidente, il est impossible qu'il s'élève des partis et des factions. Jamais on n'a disputé s'il fait jour à midi.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l'erreur.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«On la nomme (l'opinion) la reine du monde ; elle l'est si bien, que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«L'alphabet fut l'origine de toutes les connaissances de l'homme et de toutes ses sottises.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«La fable est la soeur aînée de l'histoire.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Dieu a mis dans tous les coeurs la conscience du bien avec quelque inclination pour le mal.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Il n’y a peut-être rien de si fou que de croire avoir toujours raison.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Redisons tous les jours à tous les hommes : “la morale est une, elle vient de Dieu ; les dogmes sont différents, ils viennent de nous”.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«C'est d'ordinaire une besogne épineuse : on néglige ce qui précède et ce qui suit l'endroit qu'on cite, et on s'expose à mille querelles.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Celui qui soutient sa folie par le meurtre, est un fanatique.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Que les supplices des criminels soient utiles. Un homme pendu n'est bon à rien, et un homme condamné aux ouvrages publics sert encore la patrie et est une leçon vivante.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Que toute loi soit claire, uniforme et précise : l'interpréter, c'est presque toujours la corrompre.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Ce qu'il y a de pis, c'est que la guerre est un fléau inévitable.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Remarquez que les temps les plus superstitieux ont toujours été ceux des plus horribles crimes.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«L'amour. C'est l'étoffe de la nature que l'imagination a brodée.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Ce n’est pas notre condition, c’est la trempe de notre âme qui nous rend heureux.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Le plaisir est plus rapide que le bonheur et le bonheur que la félicité.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Demandez à un crapaud ce que c’est que la beauté : il vous répondra que c’est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête... Interrogez le diable il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes et une queue.»
[ Voltaire ] - Extrait de Dictionnaire philosophique

«Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?»




















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10 Abr 2011

QUOI DE NEUF? BAUDELAIRE

Escrito por: notredeloupy el 10 Abr 2011 - URL Permanente

10 avril 2011

… D’ailleurs, ce pourrait être l’intitulé d’une rubrique invitant à lire et relire encore les classiques, non comme des objets napthalinés dignes de respect mais comme des nouveautés. Car aussi anciens soient-ils, ils nous permettent d’envisager les choses baudelaire_nadar_1.1302455397.jpgautrement, dans notre observation des événements courants, de la marche du monde et de la folie des hommes. Alors disons que ce sera une rubrique : « Quoi de neuf ? …. » Aujourd’hui,Baudelaire .

Plusieurs livres invitent à le revisiter. Les siens d’abord, qu’il s’agisse de la poésie ou de Mon cœur mis à nu. Ses articles sont peu lus, carence à laquelle remédie une nouvelle collection de poche lancée par Flammarion ; aussi, parallèlement à un Zola et un Gautier, voici un Baudelaire journaliste (368 pages, 8,90 euros, GF), deux mots que l’on n’a pas l’habitude de voir accolés. Cette anthologie d’Alain Vaillant est d’autant bienvenue que son intitulé même casse le double stéréotype qui colle aux basques de l’écrivain (poète maudit et provocateur dans la mystification). Il tient même que, dans sa production journalistique, Baudelaire a été le type même du « polygraphe de la modernité ». Pour la plupart, ses articles et chroniques (plus de deux-cents entre 1841 et 1866) sont longs et argumentés. N’étant attaché nulle part, il publie partout. Une indépendance qui lui permet de choisir ses sujets en toute liberté. Il touche à tout : poèmes en vers et en prose, fiction, chansons, traduction (les nouvelles d’Edgar Poe) et surtoutcritiques (ses comptes rendus des Salons de peinture demeurent une référence pour les historiens de l’art), toutes activités qui ne le clivent pas en différents Baudelaire distincts les uns des autres, mais au contraire enrichissent notre image d’un auteur unique et protéiforme, comme ils l’étaient presque tous alors. Ayant la chance de vivre de ses rentes, même s’il vit au-dessus de ses moyens, il ne se commet pas dans la presse pour des raisons financières. C’est simplement que la publication de la littérature dans la presse, avant le passage par la librairie, est un phénomène normal. « Naturel »risque même Alain Vaillant dans sa préface. Il n’y a que lui pour, du quotidien, tirer de l’éternel. Mais comme d’autres, les Jules Janin et Prévost-Paradol, il devient un maître de l’allusion, allant jusqu’à une poétique de l’implicite, pour déjouer la censure du Second Empire (c’est à cette époque qu’a été créé le néologisme d’« allusionisme »). Les genres se mêlent. L’éditeur de cette anthologie voit mbaudelaire_par_courbet.1302456231.jpgême en lui l’un des derniers représentants de la poésie-journalisme avec Théodore de Banville et Théophile Gautier en amont et en aval de 1848 : « un exceptionnel moment d’inventivité littéraire où, de façon anarchique, brouillonne et contestataire, la poésie s’est nourrie de l’écume du quotidien ». Toute anthologie est choix et exclusion, celle-ci comme les autres. Alain Vaillant a voulu refléter tous les aspects de Baudelaire en privilégiant les moins connus, parfois inédits. On en retiendra notamment ses conseils ironiques aux jeunes littérateurs en toutes circonstances habituelles aux gens de plume (argent, éreintements –lui dit plutôt « éreintage »- maitresses, dettes etc), sa mordante théorie du rire dans sa dimension comique (le sage ne rit qu’en tremblant), son engagement républicain dans le lyrisme révolutionnaire de 1848 et sa déception, sa critique de la politique de l’Académie française (à laquelle il ne fut pas moins candidat) et son papier à la fois critique et élogieux des Misérables. D’autres lecteurs feront d’autre choix. Qu’importe le thème puisque de toute façon, qu’il s’agisse de Poe ou des limbes, d’une manière ou d’une autre, Baudelaire finit toujours par parler de lui- et qui s’en plaindrait ? On s’en doute, les Lettres de Belgique à sa mère(224, 16 euros, Ramsay) sont nettement plus tristes (il y est accablé de misères physiques et matérielles) avant de retrouver une vigueur pamphlétaire dans le texte qu’il prépare contre la Pauvre Belgique ! traînée dans la boue pour son« goût national de l’ignoble », une emphase qui n’exclut pas la bêtise et transforme tout belge amateur de peinture en marchand de tableaux obsédé par le prix à l’exclusion de la valeur.

« La poésie nous fait-elle du bien en exaltant l’ici, en nous soutenant dans nos efforts pour nous rapprocher des êtres et du monde, ou au contraire, en sondant le malheur et en cherchant ailleurs le possible, l’inconnu, le nouveau ? » écrit Michael Edwards dans son dernier livre. Et de résumer l’alternative en opposant deux poètes à travers deux formules : « le bonheur d’être ici » de Claudel et « n’importe où hors du monde » de Baudelaire. Le premier comptait sur la poésie pour fouiller au fond du défini afin d’y trouver de l’inépuisable, quand le second lui assignait de plonger au fond de l’Inconnu (plutôt que l’Infini, mais ça se discute encore) pour en extraire du nouveau. Il faut croire qu’il a fait son choix puisque son brillant essai s’intitule Le bonheur d’être ici(266 pagemilederoycharlesbaudelaire.1302456569.jpges, 20 euros, Fayard). Peut-être après tout n’être qu’une question de maître. Parfaitement : le maître de nos études, un grand professeur, celui qui nous a éblouis durablement au point, non seulement de décider de notre vocation, mais d’exercer un empire profond sur notre conscience. Il y a comme cela des maîtres dont leurs anciens élèves se repassent le nom comme un sésame pour entrer dans la secte très fermée des initiés. Ceux qui ont reçu la parole (on se croirait dans les Evangiles !) de Georges Blin (né en 1917) en parlent encore avec des trémolos dans la voix. A croire que c’est aussi grâce à lui qu’ils ont appris à devenir un héros et un saint pour soi-même.

L’universitaire suisse Robert Kopp est de ceux-là. Comme il n’est pas un ingrat, il vient de payer sa dette en éditant leBaudelaire (255 pages, 26 euros, Cahiers de la Nrf/Gallimard) de son maître. Le livre date pourtant de 1939 et depuis, quelques autres baudelairiens ont versé leur obole au tronc commun. Seulement voilà : l’élève tient que son maître de jadis habitait Baudelaire autant qu’il était habité par lui ; son empathie était sans égale. La tonalité en est souvent philosophique, manière de rappeler que pour lui, Baudelaire est avant tout un penseur. Tout pour la pensée, rien pour l’esthétique. L’essayiste ne méprise pas la forme mais l’ignore. Aussi n’hésite-t-il pas à s’affranchir de toute chronologie pour appréhender son œuvre comme un tout cohérent à la lumière du « goût de l’infini », ce fameux ailleurs. On sent ça et là dans ses analyses, outre l’imprégnation de ses lectures de Nietzsche, Heidegger, Kierkegaard, l’influence existentialiste. Cela pourrait faire craindre le pire mais l’incipit, une citation du poète, nous rassure : « Poèmes à faire : Prisonnier dans un phare ».Georges Blin a enseigné à des générations d’étudiants que la solitude de Baudelaire ne pouvait se comprendre sans une référence au mal romantique de l’Homme Supérieur. Son dandysme prend racine dans le culte de la différence,« stoïcisme aristocratique qui se pare pour se séparer ». Il s’enivre d’humiliation et non d’humilité. Son orgueil, sa solitude présente, le soutient dans sa haine sauvage contre les hommes. Un charles-baudelaire.1302455594.jpgorgueil assis sur le pressentiment d’une haute survie littéraire. Que lui importe de n’être pas aimé puisqu’il sera de ceux dont on se souvient, du moins est-il convaincu. Il « sait » qu’un jour les effets de sa contre-littérature, cette poésie d’intimité qu’il interpose entre lui et le public, s’estomperont pour laisser s’épanouir chez les lecteurs son génie profond. Sans conviction car sans ambition, le dilettante appliqué, qui porte haut le dogme de l’Art pour l’Art, ne méprise rien tant que la littérature socialisante. La démocratie peut-être, où des malheureux tombent « comme un papillon dans la gélatine » après s’être pris au piège de la souveraineté populaire, cette « tyrannie des bêtes ». Voilà, entre autres, à quoi ressemblait le Baudelaire que Georges Blin, qui avait assuré l’édition critique de ses Journaux intimeset qui connaissait sa correspondance comme personne, présentait à ses étudiants, à l’université de Bâle, puis à la Sorbonne, enfin au Collège de France. Robert Kopp a eu la bonne idée d’adjoindre à la fin du texte une cinquantaine de pages contenant leur résumé des cours qu’il donna « en face du Vieux-Campeur » de 1965 à 1977. On y retrouve une même tenue intellectuelle, une semblable exigence que dans son essai : la volonté d’expliquer le drame de Baudelaire comme un mouvement mystique marqué par le refus et l’absence de compromis. Gageons que les anciens élèves de Georges Blin ont retenu la leçon, à commencer par Robert Kopp, qui justifie ainsi, sans détour, cette réédition :

«Georges Blin a été nommé à Bâle en 1946. Il a succédé à Albert Béguin qui avait occupé la chaire de littérature moderne de 1936 à 1946 et qui a pris ensuite la direction de la revue Esprit. La nomination de Georges Blin se situe dans la tradition d’une chaire illustrée par les études consacrées au Romantisme européen (…) Les études romantiques ont continué à illustrer la chaire de Bâle jusqu’à sa suppression. La republication du Baudelaire est aussi un hommage rendu à l’histoire de cette institution, saccagée désormais par des gestionnaires ignorants qui veulent tout noyer dans d’insipides « Cultural Studies » et oublient qu’une Faculté des Lettres vit d’abord grâce à des personnalités de premier plan et non pas grâce à des prétendus centres d’excellence ou des laboratoires. On confond tout en transposant dans le domaine des sciences humaines les schémas valables en sciences exactes. Georges Blin n’est pas un grand scientifique, mais un grand penseur et un grand écrivain ».

(Baudelaire photographié par Carjat (1862) et Nadar (1854), et peint par Courbet (1848, Musée Fabre de Montpellier) et Emile Deroy (1844, musée de Versailles)

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26 Feb 2011

QUAND UN PEUPLE TOUT ENTIER DIT: " JE N'OBÉIS PLUS! " par Michel FOUCAULT

Escrito por: notredeloupy el 26 Feb 2011 - URL Permanente





“ Le mouvement par lequel un homme seul, un groupe, une minorité ou un peuple tout entier dit : “ Je n’obéis plus ”, et jette à la face d’un pouvoir qu’il estime injuste le risque de sa vie – ce mouvement me paraît irréductible. Parce qu’aucun pouvoir n’est capable de le rendre absolument impossible : Varsovie aura toujours son ghetto révolté et ses égouts peuplés d’insurgés. Et parce que l’homme qui se lève est finalement sans explication ; il faut un arrachement qui interrompt le fil de l’histoire, et ses longues chaînes de raisons, pour qu’un homme puisse, “ réellement ”, préférer le risque de la mort à la certitude d’avoir à obéir.

Toutes les formes de liberté acquises ou réclamées, tous les droits qu’on fait valoir, même à propos des choses apparemment les moins importantes, ont sans doute là un point dernier d’ancrage, plus solide et plus proche que les “ droits naturels ”. Si les sociétés tiennent et vivent, c’est-à-dire si les pouvoirs n’y sont pas “ absolument absolus ”, c’est que, derrière toutes les acceptations et les coercitions, au-delà des menaces, des violences et des persuasions, il y a la possiblité de ce moment où la vie ne s’échange plus, où les pouvoirs ne peuvent plus rien et où, devant les gibets et les mitrailleuses, les hommes se soulèvent. ”
Michel Foucault : “ Inutile de se soulever ? ”, Le Monde, 11-12 mai 1979

“ Est toujours périlleux le pouvoir qu’un homme exerce sur un autre. Je ne dis pas que le pouvoir, par nature, est un mal ; je dis que le pouvoir, par ses mécanismes est infini (ce qui ne veut pas dire qu’il est tout-puissant, bien au contraire). Pour le limiter, les règles ne sont jamais assez rigoureuses ; pour le dessaisir de toutes les occasions dont il s’empare, jamais les principes universels ne sont assez stricts. Au pouvoir il faut toujours opposer des lois infranchissables et des droits sans restrictions. ”

Michel Foucault : “ Inutile de se soulever ? ”, Le Monde, 11-12 mai 1979


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05 Feb 2011

LA POÉTIQUE DE LA RELATION

Escrito por: notredeloupy el 05 Feb 2011 - URL Permanente


Pour l'écrivain Edouard Glissant, la créolisation du monde est "irréversible"

LEMONDE.FR | 03.02.11 | 19h19 • Mis à jour le 04.02.11 | 09h53

Le grand écrivain antillais Edouard Glissant est mort le 3 février, à Paris, à l'âge de 82 ans. Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique et penseur de la"créolisation", il était né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928 et avait suivi des études de philosophie et d'ethnologie, à Paris.

Nous republions ici l'intégralité de l'entretien qu'il avait accordé au Monde 2, en 2005. Il venait alors d’achever son dernier ouvrage “La Cohée du lamentin” (Gallimard).

Qu'entendez-vous par la nécessité de développer une "pensée du tremblement", à laquelle vous consacrez votre prochain livre ? Selon vous, seule une telle pensée permet de comprendre et de vivre dans notre monde chaotique et cosmopolite ?

Edouard Glissant : Nous vivons dans un bouleversement perpétuel où les civilisations s'entrecroisent, des pans entiers de culture basculent et s'entremêlent, où ceux qui s'effraient du métissage deviennent des extrémistes. C'est ce que j'appelle le "chaos-monde". On ne peut pas diriger le moment d'avant, pour atteindre le moment d'après. Les certitudes du rationalisme n'opèrent plus, la pensée dialectique a échoué, le pragmatisme ne suffit plus, les vieilles pensées de systèmes ne peuvent comprendre le chaos-monde.

Même la science classique a échoué à penser l'instabilité fondamentale des univers physiques et biologiques, encore moins du monde économique, comme l'a montré le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine. Je crois que seules des pensées incertaines de leur puissance, des pensées du tremblement où jouent la peur, l'irrésolu, la crainte, le doute, l'ambiguïté saisissent mieux les bouleversements en cours. Des pensées métisses, des pensées ouvertes, des pensées créoles.

Pourriez-vous donner une définition de la "créolisation" ?

L'apparition de langages de rue créolisés chez les gosses de Rio de Janeiro, de Mexico, ou dans la banlieue parisienne, ou chez les gangs de Los Angeles. C'est universel. Il faudrait recenser tous les créoles des banlieues métissées. C'est absolument extraordinaire d'inventivité et de rapidité. Ce ne sont pas tous des langages qui durent, mais ils laissent des traces dans la sensibilité des communautés.

Même histoire en musique. Si on va dans les Amériques, la musique de jazz est un inattendu créolisé. Il était totalement imprévisible qu'en 40 ou 50 ans, des populations réduites à l'état de bêtes, traquées jusqu'à la guerre de cessetion, qu'on pendait et brûlait vives aient eu le talent de créer des musiques joyeuses, métaphysiques, nouvelles, universelles comme le blues, le jazz et tout ce qui a suivi. C'est un inattendu extraordinaire. Beaucoup de musiques caribéennes, ou antillaises comme le merengue, viennent d'un entremêlement de la musique de quadrille européenne et des fondamentaux africains, les percussions, les chants de transe. Quant aux langues créoles de la Caraïbe, elles sont nées de manière tout à fait inattendue, forgée entre maîtres et esclaves, au cœur des plantations.

La créolisation, c'est un métissage d'arts, ou de langages qui produit de l'inattendu. C'est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C'est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l'interférence deviennent créateurs. C'est la création d'une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l'uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. Elle se fait dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, littérature, cinéma, cuisine, à une allure vertigineuse…

Selon vous, l'Europe se créolise. Vous n'allez pas faire plaisir au courant souverainiste français…

Oui, l'Europe se créolise. Elle devient un archipel. Elle possède plusieurs langues et littératures très riches, qui s'influencent et s'interpénètrent, tous les étudiants les apprennent, en possèdent plusieurs, et pas seulement l'anglais. Et puis l'Europe abrite plusieurs sortes d'îles régionales, de plus en plus vivantes, de plus en plus présentes au monde, comme l'île catalane, ou basque, ou même bretonne. Sans compter la présence de populations venues d'Afrique, du Maghreb, des Caraïbes, chacune riche de cultures centenaires ou millénaires, certaines se refermant sur elles-mêmes, d'autre se créolisant à toute allure comme les jeunes Beurs des banlieues ou les Antillais. Cette présence d'espaces insulaires dans un archipel qui serait l'Europe rend les notions de frontières intra-européennes de plus en plus floues.

Dans votre dernier roman, Ormerod, vous écrivez : "Qu'y a-t-il de commun entre le souffle du conteur, et les bêtes et le vent, un vonvon, un manicou, un colibri, et Flore Gaillard à Sainte Lucie en 1793, et la tragédie de Grenade en l'an 1983, et un taureau exaspéré ? C'est l'archipel des Caraïbes." Votre"archipel européen" semble influencé par l'archipel caraïbe ?

L'archipel caraïbe s'étend jusqu'à la côte colombienne de l'Amérique du Sud et la grande ville de Cartagena, atteint la Floride et la Caroline, et regroupe une quantité d'îles de toute taille. Tout au long de cet archipel, on a assisté à une intense diffusion de la colonisation européenne, puis la colonisation de tous par tous, ce qui a nourrit la créolisation et ses surprises à répétition. En 1902, pendant l'éruption de la Montagne Pelée à Saint-Pierre, sur les 98 bateaux qui étaient dans la rade, 64 venaient de Caroline ou des Etats américains.

Les Américains du sud des Etats-Unis ont vécu là-bas, ils ont adopté le style de vie des îles, ils se sont installés à Porto Rico, aux Bahamas, à Grenade. Ils ont été confrontés à des Noirs, des Espagnols, des Français, des métis, ils se sont créolisés. Ce ne fut pas une américanisation pour autant. Voyez l'incroyable richesse des musiques caraïbes depuis le jazz latino, en passant par le zouk, le reggae, le steel band, la salsa et le "son" cubain, etc, sans compter les nouveaux mélanges salsa-reggae, merengue-jazz.

Voyez la littérature et la poésie caraïbe depuis Aimée Césaire, sans oublier le prix Goncourt de Chamoiseau, ou l'extraordinaire littérature haïtienne, avec par exempleJacques Stephen Alexis ou Franketienne. L'archipel offre un modèle de diffusion chaotique de l'art et de la pensée du tremblement, sans uniformisation, au contraire à travers la créativité poétique. L'Europe devrait y réfléchir, elle qui offre une telle mosaïque de langues et ne cherche pas à s'uniformiser culturellement…

La notion d'identité nationale, ou ethnique, ou tribale devient beaucoup plus difficile dans un monde-archipel. Il faudrait mieux, selon vous, s'ouvrir et se forger ce que vous appelez dans votre essai Poétique de la relation : une Identité-relation ?

Les identités fixes deviennent préjudiciables à la sensibilité de l'homme contemporain engagé dans un monde-chaos et vivant dans des sociétés créolisées. L'Identité-relation, ou l'"identité-rhizome" comme l'appelait Gilles Deleuze, semble plus adaptée à la situation. C'est difficile à admettre, cela nous remplit de craintes de remettre en cause l'unité de notre identité, le noyau dur et sans faille de notre personne, une identité refermée sur elle-même, craignant l'étrangeté, associée à une langue, une nation, une religion, parfois une ethnie, une race, une tribu, un clan, une entité bien définie à laquelle on s'identifie. Mais nous devons changer notre point de vue sur les identités, comme sur notre relation à l'autre.

Nous devons construire une personnalité instable, mouvante, créatrice, fragile, au carrefour de soi et des autres. Une Identité-relation. C'est une expérience très intéressante, car on se croit généralement autorisé à parler à l'autre du point de vue d'une identité fixe. Bien définie. Pure. Atavique. Maintenant, c'est impossible, même pour les anciens colonisés qui tentent de se raccrocher à leur passé ou leur ethnie. Et cela nous remplit de craintes et de tremblements de parler sans certitude, mais nous enrichit considérablement.

Vous dites regretter que la littérature française ne soit pas du tout "ouverte au mouvement du monde" et encore moins créolisée?

C'est la même chose à chaque rentrée littéraire. En France, on pratique une espèce de refus fondamental à s'enrichir de la diversité. La littérature française a oublié le mouvement du monde. Elle ne traite plus que des para-problèmes de psychologie, elle est retournée sur elle-même, elle ne nous apprend presque rien de ce qui se passe dans cette société métissée, elle est frileuse de tout, surtout du plaisir et des autres, elle est monotone et monocorde. La littérature française a un gros problème avec le baroque que n'a pas la littérature latino-américaine ou caraïbe. Les Français se sont beaucoup renfermés sur eux-mêmes après la guerre, rejetant les étrangers et la vie qui les bousculait, appelant à l' "intégration " et l'"assimilation " des immigrés, c'est-à-dire à l'érasement de leurs cultures.

Aux Etats-Unis, ils n'ont pas peur des leurs étrangers, ni de ce qu'ils apportent à leur pays. Prenez des Algériens français comme les Harkis, on a essayé de les cacher, de les isoler. La France les a rejetés. La population ne les a pas accueillis, on a vu très peu d'interactions entre la population harki et française. Pourtant, en même temps, la relation se passait dans l'inconscient, les Français savaient qu'il se passait quelque chose de très grave entre eux et les Algériens. L'inconscient de la guerre d'Algérie, le déni, la culpabilité, ont toujours été très puissants, mais très peu d'écrivains en ont parlé. La richesse de la société française, de son histoire, n'a pas la littérature qu'elle mérite. Mais ce sera éphémère, tout cela va changer bientôt…

Propos recueillis par Frédéric Joignot

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06 Dic 2009

JEANNE MOREAU Lettres à Brice Hortefeux

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