31 May 2013

Déjeuner du matin

Escrito por: notredeloupy el 31 May 2013 - URL Permanente

Il a mis le café

Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis
Son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré.


Jacques Prevert

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17 Ago 2012

Top 10 des expressions localisées qui ne marchent qu’en France (ou presque)

Escrito por: notredeloupy el 17 Ago 2012 - URL Permanente

La langue française doit sa richesse à l’Histoire mouvementée de notre pays mais aussi à des rancœurs tenaces à l’égard de nos voisins. Ainsi, certaines expressions font perdurer des clichés douteux sur l’étranger et il est amusant de constater que toutes les langues en ont fait de même. Petite sélection d’idiotismes toponymiques ou d’ « Idiotismes informels avec démonymes », une manière polie de dire « reliquats un peu raciste de notre langue ».

  1. Le téléphone arabe
    Ce mode de propagation de rumeur devient un « murmure chinois » (« chinese whispers » en anglais). Pour les Polonais, c’est un « téléphone de sourd » (« Gluchy telefon ») et un « téléphone sans fil » (« Telefono senza fili » et « Telefone sem fio ») en Italie et au Portugal, qui vont décidément devoir entrer dans le XXIème siècle.
  2. Filer à l’anglaise
    Quand il s’agit de se barrer comme un voleur, il y a deux écoles en Europe : Croates, Italiens et Polonais s’alignent sur notre position et évoquent ces félons de Rosbifs pour décrire un acte d’une telle couardise. Les Anglais voient se rallier à eux les Espagnols, les Allemands et les Portugais quand il s’agit de montrer du doigts les Français avec un « prendre congés à la Française » qui transpire la rancœur historique.
  3. C’est de l’hébreu / C’est du chinois
    Manifestement, ces deux langues anciennes n’effraient pas nos voisins d’outre-Manche ni les Brésiliens qui préfèrent dire « c’est du grec » face à une notice de meuble Ikea.
  4. Saoul comme un Polonais
    Variante de « Saoul comme toute la Pologne », cette expression napoléonienne ne fait pas l’unanimité en Europe. Les Flamands et Hollandais lui préfèrent « Saoul comme un Suisse », les Espagnols et les Autrichiens regardent plutôt vers la Russie avec « Ivre comme un cosaque »(« Borracho como un cosaco ») et le très élégant « Gras comme la terre de Russie » (« Fett wie die russische Erde »). Les Polonais ne tapent sur personne d’autre que sur leur propres porcs avec « Saoul comme un cochon ». Sympa.
  5. Fort comme un Turc
    Les Allemands, peu portés sur des compliments gratuits aux Turcs, préfèrent l’expression « Fort comme un ours » et en Angleterre où les Turcs (et les ours) sont plus rares, on dit « fort comme un boeuf ». « Et en Turquie » me direz-vous ? On dit « fort comme un Turc ». Tout simplement.
  6. Capote anglaise
    Curieux d’associer cet outil indispensable à une vie sexuelle débridée aux partenaires multiples à nos voisins anglais. D’ailleurs, ceux-ci lui préfèrent le terme « french letter », ce qu’on prendra comme un hommage.
  7. Toilettes à la turque
    Un trou dans le sol dans lequel on fait ses besoins, pour un Néerlandais ou un Suédois, ça s’appelle des « Toilettes à la Française ». En anglais, ces toilettes sont un peu tout ce qui n’est pas anglais : arabe, français, chinois, japonais, coréen, iranien, indien, turc… bref, « toilettes de camping ».
  8. Les Anglais ont débarqué
    Cette manière imagée d’évoquer les règles provient de la couleur des uniformes anglais venus faire chier Napoléon après Waterloo. Si aux États-Unis on parle de la visite de Tante Flo, les Grecs s’en prennent eux aussi à une autre peuplade en évoquant « l’arrivée des Russes ».
  9. Branlette espagnole
    Autrement appelée « cravate de notaire », cette pratique essaie tant bien que mal de conserver cette aspect « exotique » selon les pays : « french fuck » en Angleterre, « branlette russe » en Amérique Latine, « Collier espagnol » au Canada et « Turque » en Argentine.
  10. La Dinde
    Ce volatile ne nous vient évidemment pas d’Inde mais de ce qu’on appelait « les Indes » à l’époque où ce terme signifiait « très très loin ». En l’occurrence l’Amérique du Nord. En Anglais, l’animal devient « Turkey » parce qu’il ressemblait à une pintade importée de Turquie. Et au Portugal on l’appelle « Peru » (on se rapproche, mais c’est pas encore ça), en arabe c’est un« Coq Romain » et en Gaélique écossais, c’est un « Poulet Français ». N’importe quoi. Mais en Japonais, c’est « l’oiseau à sept faces ». Et ça, ça calme tout le monde.

Et vous, vous savez que le Sandwich Américain, ce n’est pas vraiment américain ?

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14 Ago 2012

Camus, Céline, Perec, Prévert : quand la télé prenait le temps d’écouter

Escrito por: notredeloupy el 14 Ago 2012 - URL Permanente

On garde bien en mémoire les Bukowski ivres d’« Apostrophes », les écarts littéraires d’un « Droit de réponse »... Pourtant, c’est à la fin des années 50 que se situe à mes yeux l’un des patrimoines les plus uniques des paroles d’écrivains : « Lectures pour tous ».

L’émission transpire de l’audacieuse ambition de l’éducation par le cathodique. Les vies minuscules filmées par le petit écran, les récits plutôt, que les écrivains, les poètes, les anthropologues, les politiques, les peintres en font, touchent au sublime. Illuminatifs pour certains, excitants de processus littéraires pour d’autres, les entretiens menés par deux des journalistes de « 5 colonnes à la une » restent des témoignages uniques de la littérature.

Août 1955 : magique. La poésie ricanante de Prévert, ses dessins aussi. Une lecture hallucinée de « La Pluie et le beau temps ».

Juillet 1957 : agité, les mains crispées comme un faux vieillard, Louis-Ferdinand Céline s’apitoie, agite les phrases, bute, répète, recasse, radote puis se lance sur la finesse des chiennes... sur l’abattage des bêtes raffinées, à propos « D’un château l’autre ».

Janvier 1959 : Albert Camus adapte « Les Possédés ». Il explique pourquoi il a choisi ce livre de Dostoïevski, un livre prophétique et d’actualité dont le thème est le nihilisme, préoccupation qu’il partage avec l’écrivain russe.

Octobre 1964 : sur « Le Cru et le cuit », Claude Lévi-Strauss livre dix minutes d’une limpide pédagogie. Les questions sont rares et la parole du chercheur prolixe. Une interview comme une leçon où l’anthropologue s’explique sur le mythe comme « super langage », la transformation de la nourriture et le feu humain.

Mai 1959 : émission d’ouverture à tous les types d’écriture, de littérature, « Lectures pour tous » offre la première interview d’Henry Miller pour une télévision. Entre Dieu et l’obscénité, à propos de « Big sur et les oranges de Jérôme Bosch ».

Octobre 1965 : le jeune Georges Perec s’explique sur l’intrigue et son processus d’écriture, sur ses personnages sans psychologie, reproductibles. Entourés de ces « Choses ».

Juin 1964 : dans un plan de plus en plus serré sur son visage, que tout traverse, Man Ray revient sur Dada. Rien que l’écrivain. C’est l’une des spécificités de « Lectures pour tous » : l’interviewer (Pierre Desgraupes ici) disparaît quasiment, avec une caméra qui capte l’invité dans son corps, dans ses mouvements.

Novembre 1964 : Jorge Luis Borges, l’écrivain aveuglé, « ce très lent crépuscule » comme il dit, revient sur son œuvre.

Toutes les vidéos exclusives issues des archives nationales françaises disponible ici:

http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/08/03/camus-celine-perec-prevert-quand-la-tele-prenait-le-temps-decouter-234195

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03 Ago 2012

Escrito por: notredeloupy el 03 Ago 2012 - URL Permanente

Voici un merveilleux poème de l'auteur Alfred de Musset (XIXème siècle)

Nous vous proposons également une étude amalytique de ce poème à l'adresse suivante :

http://www.parafrasando.it/POESIE/Lanuitdedecembre.htm

Du temps que j’étais écolier,
Je restais un soir à veiller
Dans notre salle solitaire.
Devant ma table vint s’asseoir
Un pauvre enfant vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Son visage était triste et beau :
À la lueur de mon flambeau,
Dans mon livre ouvert il vint lire.
Il pencha son front sur sa main,
Et resta jusqu’au lendemain,
Pensif, avec un doux sourire.

Comme j’allais avoir quinze ans
Je marchais un jour, à pas lents,
Dans un bois, sur une bruyère.
Au pied d’un arbre vint s’asseoir
Un jeune homme vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Je lui demandai mon chemin ;
Il tenait un luth d’une main,
De l’autre un bouquet d’églantine.
Il me fit un salut d’ami,
Et, se détournant à demi,
Me montra du doigt la colline.

À l’âge où l’on croit à l’amour,
J’étais seul dans ma chambre un jour,
Pleurant ma première misère.
Au coin de mon feu vint s’asseoir
Un étranger vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Il était morne et soucieux ;
D’une main il montrait les cieux,
Et de l’autre il tenait un glaive.
De ma peine il semblait souffrir,
Mais il ne poussa qu’un soupir,
Et s’évanouit comme un rêve.

À l’âge où l’on est libertin,
Pour boire un toast en un festin,
Un jour je soulevais mon verre.
En face de moi vint s’asseoir
Un convive vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Il secouait sous son manteau
Un haillon de pourpre en lambeau,
Sur sa tête un myrte stérile.
Son bras maigre cherchait le mien,
Et mon verre, en touchant le sien,
Se brisa dans ma main débile.

Un an après, il était nuit ;
J’étais à genoux près du lit
Où venait de mourir mon père.
Au chevet du lit vint s’asseoir
Un orphelin vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Ses yeux étaient noyés de pleurs ;
Comme les anges de douleurs,
Il était couronné d’épine ;
Son luth à terre était gisant,
Sa pourpre de couleur de sang,
Et son glaive dans sa poitrine.

Partout où j'ai voulu dormir,
Partout où j'ai voulu mourir,
Partout où j'ai touché la terre,

Sur ma route est venu s'asseoir
Un malheureux vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,
Qui n'apparais qu'au jour des pleurs ?

LA VISION

- Ami, notre père est le tien.
Je ne suis ni l'ange gardien,
Ni le mauvais destin des hommes.
Ceux que j'aime, je ne sais pas
De quel côté s'en vont leurs pas
Sur ce peu de fange où nous sommes.

Je ne suis ni dieu ni démon,
Et tu m'as nommé par mon nom
Quand tu m'as appelé ton frère;
Où tu vas, j'y serai toujours,
Jusques au dernier de tes jours,
Où j'irai m'asseoir sur ta pierre.

Le ciel m'a confié ton cœur.
Quand tu seras dans la douleur,
Viens à moi sans inquiétude.
Je te suivrai sur le chemin;
Mais je ne puis toucher ta main,
Ami, je suis la Solitude.





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19 May 2012

Un poème

Escrito por: notredeloupy el 19 May 2012 - URL Permanente

Il pleure dans mon coeur.

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine.
(1844-1896)

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08 May 2012

Un poème

Escrito por: notredeloupy el 08 May 2012 - URL Permanente

Ma bohème

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud (1854-1891)ç

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17 Abr 2012

Calligrammes, Apollinaire

Escrito por: notredeloupy el 17 Abr 2012 - URL Permanente

Reconnais-toi
Cette adorable personne c'est toi
Sous le grand chapeau canotier
Oeil
Nez
La bouche
Voici l'ovale de ta figure
Ton cou exquis
Voici enfin l'imparfaite image de ton buste adoré
vu comme à travers un nuage
Un peu plus bas c'est ton coeur qui bat

Guillaume Apollinaire,
calligramme,
extrait du poème du 9 février 1915,
(poèmes à Lou).

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28 Feb 2012

Poésie d'Arthur Rimbaud

Escrito por: notredeloupy el 28 Feb 2012 - URL Permanente

Bonne pensée du matin

A quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bosquets l'aube évapore
L'odeur du soir fêté.

Mais là-bas dans l'immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
Déjà s'agitent.

Dans leur désert de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la richesse de la ville
Rira sous de faux cieux.

Ah ! pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus ! laisse un peu les Amants,
Dont l'âme est en couronne.

Ô Reine des Bergers !
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Pour que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer, à midi.
















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23 Feb 2012

PAUL VERLAINE

Escrito por: notredeloupy el 23 Feb 2012 - URL Permanente

A Charles Baudelaire

Je ne t'ai pas connu, je ne t'ai pas aimé,
Je ne te connais point et je t'aime encor moins :
Je me chargerais mal de ton nom diffamé,
Et si j'ai quelque droit d'être entre tes témoins,

C'est que, d'abord, et c'est qu'ailleurs, vers les Pieds joints
D'abord par les clous froids, puis par l'élan pâmé
Des femmes de péché - desquelles ô tant oints,
Tant baisés, chrême fol et baiser affamé ! -

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes
Les âmes que la faim et la soif sur les routes
Poussaient belles d'espoir au Calvaire touché !

- Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,
Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes.
Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.

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17 Nov 2011

Escrito por: notredeloupy el 17 Nov 2011 - URL Permanente

Le Cancre
(Extrait de poésie "Paroles", Jacques Prévert)

Le Cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

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